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EXPOSITION REFLETS

Maison de la littérature - 2016

CMA

Invités à concevoir une exposition temporaire pour la Maison de la littérature dans le contexte du premier anniversaire de son ouverture, a constitué pour nous une occasion privilégiée de porter un regard sur notre travail et de partager ici quelques-unes des thématiques et interrogations qui nous ont habitées dans le cadre de sa conception et de sa construction. Ces reflets sur la Maison de la littérature, mis en œuvre en plein cœur de cette dernière, constituent non seulement une formidable mise en abîme de celle-ci mais également un livre ouvert sur notre pratique.

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Aussi, faut-il retourner près de sept années en arrière alors que notre proposition initiale au concours d’architecture pour le Planétarium de Montréal est retenue pour la phase ultime. Inspirés par les bouleversements climatiques actuels, notamment par la fonte de la calotte glaciaire et la dérive des icebergs ainsi que par les notions de murmure historique, de patrimoine immatériel, de pollution lumineuse et d’aveuglement, nous avons alors produit un projet translucide, lumineux et musical où les planétaires se lèvent doucement au milieu de ces matières brisées et réfléchissantes comme autant d’éclats de glace. Cette réflexion s’est poursuivie par un travail exploratoire sur l’univers des ruelles où le rêve et la réalité cohabitent. Dans l’enchevêtrement des regards croisés entre le flâneur et l’habitant, au-dessus des enfants occupés par le jeu, prennent naissance de multiples intrigues. Les jeux de miroirs, les tubes de laiton, comme de véritables jumelles géantes, font leur apparition dans notre travail. Le jeu des regards, du haut vers le bas et du bas vers le haut, le vertige et la dimension intimiste des escaliers hélicoïdaux ainsi que les compressions et dilatations d’espaces prennent forme. Arrivés à la Maison de la littérature, avec l’idée de mettre sous tension espaces religieux et espaces de liberté et de création, dans la nécessité de nous positionner sur les questions de patrimoine, le thème de la mémoire comme entité active et créative est venue s’ajouter à ce discours de transparence, de réflexion, de regards croisés et d’intrigues architecturales. On y retrouve ici la renaissance fantomatique du cadre de scène, le déplacement stratégique des portails et moulures et, un peu partout dans les percements, bibliothèques et sur l’ascenseur, le travail de motifs rectangulaires présent dans le temple d’origine. Les projets qui ont suivi tels celui de la bibliothèque de Pierrefonds ainsi que la proposition de concours pour le centre de production des Sept doigts de la main, poursuivent ces interrogations et tentent de les faire évoluer. L’arrivée de vides importants au centre des projets de manière à attirer la lumière naturelle ou à provoquer le contact visuel des usagers constitue un prolongement direct de cette idée de regards croisés encourageant les échanges et les flux d’information. Quant au thème de mémoire active, ce dernier est réapparu aux Sept doigts de la main, sous la forme du memorabilia, véritable collection d’objets physiques auxquels sont attachés une série de souvenirs précieux.

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